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Imperiale reale Esercito Austriaco

Aggiornamento: febbraio 2013


Campagne militaire de 1859

L'infanterie de frontière*

* Articolo apparso nel bolletino di UnifEurop19

"Les bruns fils de la frontière militaire", suivant l'expression consacrée, comptaient parmi les soldats les plus vaillants, prêts à se sacrifier pour la cause des Habsbourg, que l'armée impèriale autrichienne pouvait mettre sur pied en cas de guerre. Née après le siège de Vienne de  1529 pour mettre un frein aux incursions des Turcs, la 'frontière militaire' pouvait s'apparenter comme insitution au 'limes' danubien de la Rome antique, s'étendant dans son développement majeur (1600 km) de la Mer Adriatique jusqu'à la Mer Noire. Les territoires de cette frontière étaient habités par des peuples slaves, y compris bon nombre de Serbes et de Bosniaques échappés de leur patrie devant le danger ottoman, renforcés à l'époque de la guerre de Trente Ans par des vétérans autrichiens.

Tous ces gens qui avaient reçu gratuitement le matériel pour bâtir leur habitation et les terres à cultiver, étaient organisés militairement de manière à assurer en permanence la garde d' une frontière sensible, qui devint en même temps la ligne de démarcation religieuse et culturelle entre Europe et Empire Ottoman et qui constituait un 'cordon sanitaire' contre les terribles épidémies de peste. Les districts qui se répartissaient en communautés ou compagnies commandés par des capitaines, correspondaient aux bataillons et le major du district était également le chef de l'administration locale.

Le bataillon des 'Czaikisten' ainsi dénommé d'après le mot turc 'kaik' ou 'bateau à rames', devenu 'bataillon autonome de Titel' en 1852, assurait la surveillance armée sur le Danube et la Save, et le service des pontonniers en temps de guerre. Comme 'troupe d'intervention rapide', les soldats de frontière avaient été appelés à combattre d'une guerre à l'autre contre les Turcs, hors de leur patrie contre la Prusse et la France. Napoléon sut apprécier les qualités guerrières des soldats croates incorporés dans sa Grande Armée. Ce fut le 1er régiment croat à prendre d'assaut Borodino à la bataille de la Moskowa et lors de la terrible retraite de la Russie le bagage de l'empereur fut confié à la compagnie banaliste du capitain Dragic.
En Italie, les 'Croates' étaient redoutés par la population de par les bruits de mauvaise réputation qui couraient sur eux et dont la diffusion n'était pas étrangère aux mouvements révolutionnaires.

L'organisation de la 'Grenz-Infanterie' en 1859

Avec l'abolition de la frontière militaire de la Transylvanie, l'infanterie de frontière de cette époque passe de 18 à 14 régiments à deux bataillons actifs de 6 compagnies, et un bataillon de réserve à 4 compagnies. A ces régiments s'ajoute le bataillon autonome de Titel (6 compagnies plus deux de réserve). A la mobilisation chaque bataillon allait compléter la brigade à laquelle il était rattaché, comme troupe légère à défaut d'un bataillon de chasseurs (Jäger) dont le nombre ne couvrait pas celui des brigades.
Dans les régiments de frontière n'existent pas de compagnies de grenadiers contrairement à l'infanterie de ligne.

Les renforts des quatre premiers bataillons de frontière furent mis sur le pied de guerre le 1er janvier 1859 et dès la deuxième moitié du même mois, ils allaient rejoindre les six autres bataillons qui se trouvaient en Italie. Ensuite, onze autres bataillons arriveront sur le théatre des opérations dans les cadres des d'un renfort de quatre corps d'armée (1, 9, 10, 11).

Engagés le plus souvent par petites unités, les troupes de frontière subissent elles aussi les conséquences des graves lacunes dont souffrait l'armée autrichienne. A Magenta les compagnies de frontière en retraite du Naviglio se débarassent du lourd havresac. Quant à la compagnie du régiment du Banat, commandée par un lieutenant, qui défendait la redoute placée sur le talus du chemin de fer, elle du abandonner en toute hâte l'importante position lorsque les Grenadiers de la Garde français ménaçaient déjà la seule voie de retraite qui lui réstait.

L'uniforme

Il est prescrit pour le régiments de frontière un uniforme assez semblable à celui de l'infanterie hongroise. Seule la couleur brun foncé de la tunique (et de la veste ou 'Leibel'), mais surtout les buffleteries noires, distinguent immédiatement le fantassin de frontière d'un soldat hongrois.

Le shako est du modèle général pour les troupes à pied avec aigle bicéphale sans numéro, celui-ci étant présent seulement sur l'aigle du shako de l'artillerie).
Le bonnet de police est identique à celui des troupes à pied mais avec passepoils brun foncé.

La tunique en drap brun à jupe longue et avec tous les angles arrondis, introduite dans l'armée en 1849, comporte deux rangées de six boutons lisses blancs ou jaunes et présente les attributs de l'infanterie hongroise: parements en pointe ornés d'un galon (Litze) à 'patte d'ours' et munis d'un petit bouton d'uniforme. Le soldat doit se fabriquer lui-même cet ornement en utilisant de vieux draps blancs.

Collet, parements, passepoils (sur les bords et sur les pattes de poche du dos), pattes d'épaule (à passepoils blancs) sont de la couleur régimentaire. Deux boutons sont appliqués sur chaque pattes de poche. La fente de chaque manche est fermée par un petit bouton au dessus du parement.

Le 'Kittel' ou tunique de lin avec six boutons d'os blancs, est du modèle de l'infanterie allemande, donc avec parements droits sans 'Litze'. Cet effet sera le plus utilisé pendant la campagne de 1859, les havresacs contenant la tunique ayant été envoyés aux dépôts après la mauvaise expérience de Magenta.

Le Kittel n'a pas de pattes de poche, deux boutons étant cousus sur les dos en corréspondance de la ligne de couture de la jupe. Sur le collet est cousue une patte ou 'Paroli' en drap de la couleur régimentaire.

Le pantalon-culotte (Beinkleider) est du type à pont-levis rabattable dont les bords sont ornés d'une tresse en laine jaune et noire. Sur le devant, à chaque côté du pont-levis, cette même tresse forme un noeud hongrois. Elle est cousue en passepoil sur les coutures latérales. Des sous-pieds et sept agrafes à la hauteur des mollets permettent d'ajuster le pantalon.

La capote en drap gris est du modèle général de l'infanterie. A deux rangées de cinq boutons, elle possède un col rabattu qui assure la protection du visage et des oreilles lorsqu'il est relevé; sur le col sont cousues deux pattes en pointe (Paroli sans bouton) de la couleur régimentaire. Des passepoils de même couleur sont appliqués sur les pattes d'épaule, les pattes de poche et sur la martingale. Deux grands boutons d'uniforme cousus sur la partie supérieure des pattes de poche assujettissent la martingale qui est taillé dans une seule pièce.

Les chaussures du fantassin de frontière sont des brodequins du type hongrois.

Havresac, giberne et les buffleteries sont du modèle de l'infanterie de ligne de même que les reste de l'équipement (Requisiten). Les buffleteries doivent être noircies par le soldat même

Le bataillon autonome de Titel

La tunique en drap bleu clair (nuance sombre comme le précise le règlement) avec boutons blancs a les attributs de l'infanterie hongroise (parements à Litze). Collet et passepoil écarlate. Par contre, le pantalon est celui tipiquement 'occidental' de l'infanterie allemande: en drap bleu clair avec passepoil écarlate, il possède deux poches ouvertes dans le coutures latérales.

Souliers et guêtres sont identiques à ceux de l'infanterie allemande. Le bonnet de police à passepoil écarlate est du modèle général de l'infanterie. La veste, sans manches et en drap de la tunique, possède une rangée de huit boutons d'os noirs. Le soldat du bataillon autonome de Titel est par ailleurs habillé comme les autres troupes de frontière.

L'uniforme des officiers

A part la couleur distinctive brun foncé l'uniforme de l'officier de l'infanterie de frontière ne diffère en rien de celui des officiers des régiments hongrois. Le pantalon de coupe allemande est passepoilé de la couleur de la tunique ou de drap écarlate (bataillon de Titel).

Armement

Tous les bataillons qui se trouvaient en Italie au début du conflit ou qui étaient sur le point d'y aller, étaient armés du fusil Lorenz à canon rayé récemment introduit dans l'armée. Quelques bataillons arrivés plus tard possédaient encore le fusil Augustin modèle 1842 et le mousqueton modèle 1849, ce dernier confié aux sous-officiers et aux meilleurs tireurs des compagnies. Ces hommes portent sur la tunique et le 'Kittel', des bourrelets d'épaule. Baïonette quadrangulaire à douille pour les fusiliers armés du fusil, ou baïonette large à un fil (Haubajonnet) pour les tireurs armés du mousqueton. Sabre de grenadier mod. 1836/1851 pour les sous-officiers.

Les officiers sont armés du sabre (Infanterie-Officiersäbel) modèle 1850.

Régiments d'infanterie de la frontière nationale (National-Grenz-Infanterie-Regimenter)

Dénomination Année de fondation Siège de l'E. Major Boutons Couleur distinctive
Carlstädter Mil.Grenz-IR
1 1763 Liccaner 1746 Gospic jaunes jaune impérial
2 1753 Ottocaner 1746 Otocac blancs jaune impérial
3 1753 Oguliner 1746 Ogulin jaunes jaune orange
4 1753 Szluiner 1746 Carlstadt blancs jaune orange
Warasdiner Mil.Grenz-IR
5 1756 Warasdiner-Creuzer 1746 Belovar jaunes rouge écrevisse
6 1756 Warasdiner-St.Georger 1746 Belovar blancs rouge écrevisse
Slavonisches Mil.Grenz-IR
7 1766 Brooder 1750 Vinkovce blancs rouge pâle
8 1766 Gradiscaner 1750 Neu-Gradisca jaunes rouge pâle
Slavonisch-Syrmisches Mil.Grenz-IR
9 1769 Peterwardeiner 1750 Mitrovitz jaunes gris crochet clair
Banal-Mil.Grenz-IR
10 1745 1º Banal 1745 Glina jaunes cramoisi
11 1746 2º Banal 1746 Petrinia blancs cramoisi
Banatisches Mil.Grenz-IR
12 1767 Deutsch-Banater 1767 Pancsova blancs bleu de ciel
13 1848 Romanen-Banater 1767 Caransebes blancs gris crochet clair
14 1845 Illyrisch-Banater 1838 Weisskirchen jaunes bleu de ciel
Titler Grenz-Infanterie-Bataillon 1764 Titel blancs rouge clair