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Imperiale reale Esercito Austriaco

Aggiornamento: febbraio 2013


Campagne militaire de 1859

L'INFANTERIE AUTRICHIENNE A SOLFERINO 1859*

* Articolo apparso nella rivista 'Uniformes' n° 85 gennaio 1985

L'infanterie autrichienne en 1859 est à l'image de l'empire des Habsbourgs, mosaïque de nationalité, contraste entre la tradition et l'innovation. Voici le visage de ces fantassins, nos adversaires malheureux de Solférino et de Magenta.

infanterie allemande
Sur ce cliché, réalisé vers 1860, figurent aux côtés des officiers plusieurs sous-officiers et hommes de troupe coiffés du schako. Le sixième militaire debout à partir de la gauche, porte une grenade sur le collet de sa tunique, insigne attribué aux rengagés le 22 décembre 1859.

"Le temps est magnifique, l'enthousiasme des troupes est grand": par ces mots prend fin le message du général Gyulai annonçant à Vienne le debut de l'invasion du Piemont par la 2e armée impériale autrichienne.

Le 30 avril 1859, une masse de 120.000 hommes franchit le Tessin sans resistance de la part de l'armée piemontaise. Le soldat autrichien est vite deçu par le climat, devenu franchement mauvais deux jours plus tard. De plus, Monsieur Noé, ainsi s'appelait l'ingenieur civil chargé de la défense passive du Piémont, provoque à temps l'inondation des terrains frontaliers afin de ralentir la marche de l'ennemi sur Turin.

La menace représentée par les Français, les controverses au sein du commandement et les malentendus avec la chancellerie viennoise, rendent vite impossible la réalisation du plan stratégique originel. L'attitude autrichienne devient purement défensive après le combat de Montebello, et l'issue négative de Palestro, oblige Gyulai à se retirer au-delà du Tessin pour faire face aux alliés qui, desormais réunis, menacent son aile droite.

L'occasion de battre la seule armée piemontaise est perdue. Magenta et Solférino sont les étapes d'une défaite toujours plus inéluctable: les armoiries de la riche province de Lombardie ne devraient bientôt plus figurer sur l'aigle bicéphale autrichien.

L'INFANTERIE DE LIGNE

En 1859, l'armée autrichienne compte 62 regiments d'infanterie. Chacun comprend, sur le pied de guerre, 4 bataillons de campagne à 6 compagnies et 1 bataillon de dépôt à 4 compagnies. A la mobilisation, les premières compagnies des 4 bataillons de campagne, constituées de grenadiers, forment un bataillon de grenadiers: dans chaque bataillon de campagne, ces compagnies sont remplacées par une compagnie de réservistes.

La compagnie est forte de 221 hommes: 4 officiers, 2 adjudants (Feldwebel), 4 sergents (Zugsführer), 8 caporaux (Korporale), 12 sous-caporaux (Gefreite), 2 tambours, 2 clairons, 2 sapeurs, 1 soldat conducteur, 4 ordonnances et 180 soldats.

Le régiment porte le nom de son proprietaire, qui y exerce des pouvoirs importants en tant que colonel-propriétaire. Ce dernier peut être tout aussi bien l'empereur, les archiducs de la maison d'Autriche, les généraux, les monarques ou les princes étrangers.

Une campagne mal préparée

Dans les premiers mois de 1859, l'Italie est considérée comme un théâtre d'opérations secondaire, et les autrichiens sont persuadés que l'intervention des Etats allemands à leurs côtés les aidera à porter la guerre sur le Rhin. Aussi, l'intendance militaire n'est-elle pas préparée à la campagne, qui se déroule dans de mauvaises conditions climatiques et amène des marches exténuantes entreprises par suite des revers subis.

Les troupes sont plus ou moins condamnées à vivre sur le pays; les réquisitions d'effets d'habillement et de chaussures se succèdent, ainsi que les demandes de fabrications d'urgence. Les chaussures provenant des dépôts régimentaires ne donnent pas pour autant satisfaction, si l'on en croit les mémoires du général-major von Mollinary: "les mesures et les formes des chaussures les rendaient impropres à l'usage; les cuirs, mal conservés dans les dépôts, étaient secs et durs".

L'UNIFORME

Les "Adjustierungsvorschriften"

Le mot ne désigne pas seulement un règlement sur la tenue, mais se réfère à un concept typiquement autrichien: la manière correcte de porter l'uniforme est également précisée, et l'empereur lui-même observe ces prescriptions scrupuleusement. L'uniforme de la campagne d'Italie est issu de la période de paix qui succède aux guerres révolutionnaires de 1848-1849 : le jeune François-Joseph donne de nouveaux règlements à l'armée qui lui est demeurée fidèle en dépit des sentiments nationalistes qui ont animé les peuples de la couronne.

Par décision clu 30 août 1849, la tunique (Waffenrock) remplace l'ancien habit des guerres de l'empire; un nouveau modèle de capote est introduit l'année suivante, ainsi qu'un pantalon à brayette, de coupe plus moderne. Un nouveau schako, tronconique, est adopté le 22 octobre 1850: la ganse et la cocarde sont supprimées au profit de la plaque à l'aigle. Les grenadiers perdent avec regret leur bonnet d'ourson. Toutes ces dispositions sont reprises dans le règlement de 1854, qui fut peu modifié par la suite.

Les coiffures

schako Schako modèle 1850. Le pourtour supérieur est orné d'un galon de laine jonquille traversé et bordé d'une raie noire (sous-officiers), simplement bordé d'une raie noire (caporaux), ou d'un cordon en laine jaune et noire (Gefreite).

Le schako modèle 1850, contrairement au modèle du 12 mai 1840, est de forme tronconique. En feutre noir, il est orné d'une plaque en laiton figurant un aigle bicéphale couronné, et d'un pompon lenticulaire en métal doré dont le centre est peint en noir. Mentonnière en veau verni. Couvre-schako en toile cirée noire protégeant également la visière du schako. Le gousset porte-pompon reçoit le symbole traditionnel en campagne, les feuilles de chêne (ou les rameaux de sapin durant la mauvaise saison). Hauteur du schako: 14,5 cm devant, 18,2 cm derrière. Largeur de la visière au milieu: 5 cm.

Le bonnet de police des troupes à pied, modèle 1851. En drap bleu clair, passepoils blancs.

Le bonnet de police (Lagermütze) du modèle du 21 février 1851 est en drap bleu clair, taillé dans des vieux pantalons ou pantalons-culottes. Passepoil blanc sur les coutures et les bords des soufflets. Doublure des soufflets en drap bleu clair. Ce bonnet, très pratique, peut emprunter toutes les formes suivant la manière dont il est porté. Les italiens le placent en arrière alors que les autrichiens le ramènent sur l'oreille; les hongrois, quant à eux, le portent très en avant. De manière générale, les slaves roulent les coins de la partie supérieure dans les rabats, donnant au bonnet une forme ronde et aplatie. Le bonnet peut être aussi porté en biais, l'un des soufflets étant rabattu sur le front. Le port du bonnet n'est autorisé que hors les armes. En campagne, les necessités pratiques se frayant un chemin à travers les rigidités du règlement, il finit par détrôner le schako.

infanterie allemandeOfficiers et soldats d'infanterie vers 1859. On remarque, sur la droite, un sous-officier des grenadiers reconnaissable aux grenades de laiton sur les buffleteries. La tunique des officiers diffère de celle de la troupe : en drap fin , 2 rangées de 8 boutons, pas de pattes d'épaule. Casquette à visière en drap noir , ganse et rosette en or portant le chiffre impérial. Ceinture en galon or avec raie noire au centre et sur ses bords. Les officiers des régiments hongrois portent le pantalon comme les officiers des régiments allemands.

Tunique et Kittel

tuniqueTunique de troupe du régiment n° 45 "Archiduc Sigismond"; stationné sur le territoire du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche-Hongrie devait perdre à la suite des guerres de 1859 et de 1866, le régiment se recrutait à Vérone et Vincence. Pour assurer le pouvoir autrichien de sa loyauté, il avait lui-même demandé à participer à la campagne, et fut passé en revue par l'empereur François-Joseph en avril 1859.
Engagé à Magenta le 4 Juin, il devait perdre 1.074 tués, blessés et prisonniers sur un effectif de 3.700 hommes: il prouvait ainsi, d'après von Moltke, son "inaptitude à combattre ses compatriotes et leurs alliés". Cette tunique fut sans doute trouvée sur le champ de bataille, ou provient de l'un des 740 prisonniers du régiment.
Particularité typique, les angles des devants et des parements sont arrondis. Ce vêtement est à l'origine de la tunique règlementaire de l'infanterie confédérée durant la guerre de Sécession.
A Magenta, le 45e fut opposé au 3e régiment des Grenadiers de la Garde, puis aux 23e le 8e de Ligne français.

Jusqu'en 1867, le drap blanc demeure caractéristique de l'infanterie de ligne autrichienne: il possède la valeur syrnbolique qui fut celle du pantalon garance de l'armée française. La tunique possède 2 rangées de 6 boutons jaunes ou blancs, des passepoils de la couleur régimentaire sur les devants, les bords de la jupe et les pattes de poche, et un collet arrondi de même couleur. Pattes d'épaule de couleur distinctive, passepoils blancs. Les manches ont des parements droits de la couleur régimentaire; un petit bouton d'uniforme est cousu au-dessus des parements. Tous les angles de la tunique sont arrondis depuis 1850, ce que met en évidence la photographie que nous reproduisons. Les parements des régiments hongrois sont en pointe, et sont ornés d'un galon (Litze) dénommé "pattes d'ours" (Bärentatzen). Un bouton est appliqué sur la pointe du galon. L'origine du terme "pattes d'ours" est sujette à controverses. L'ornement représenterait la main de Saint Stéphane signe de reconnaissance envers la "bravoure d'ours" de l'infanterie hongroise.

Durant la campagne de 1859, de très nombreux officiers et soldats délaissent la tunique en faveur du "Kittel". Cette tunique ample, légère et commode, est en toile de coutil. Elle est proche du "Waffenrock" par sa forme, mais possède une jupe plus longue dont les angles ne sont pas arrondis.

Le collet porte les pattes de col de couleur distinctive (Paroli). Tous les boutons sont en os blanc.

infanterie allemande "Le 27e régiment à Magenta", tableau du peintre Siegmund L'Allemand (1860) conservé à Vienne.
Le régiment n° 27 "Roi des Belges", recruté à Graz, fut engagé entre Ponte Vecchio et Magenta au milieu de l'après-midi du 4 juin.
Le Kittel est porté par la troupe et l'officier, ce dernier étant pourvu d'un pantalon de toile non distribué à la troupe.

Dans chaque compagnie des régiments encore armés du fusil Augustin modèle 1842, 54 tireurs sont pourvus du mousqueton à chambre (Kammerbüchse Modéle 1849), arme de précision: la tunique et le kittel de ces tireurs sont munis de bourrelets sur les épaules.

En Italie, le soldat habillé du kittel plie sa tunique sous la patelette du havresac. L'historique du 41e régiment "Baron Kellner" apprend que les havresacs contenant les tuniques avaient été laissés à Monza, dépôt de la division Urban. Capturés par les Piémontais, ils furent rendus au régiment après l'armistice de Villafranca. La tunique demeurait appréciée pour le service des avants-postes, et pour mieux résister à la pluie ou à une nuit passée à la belle étoile.

Durant la nuit du 31 avril au ler mai, des officiers du 1er régiment s'étaient protegés de la pluie en revêtant leurs tuniques: ils firent le restant de la campagne avec leurs effets de drap, les bagages contenant les "Kittel" ayant été précipitamment envoyés à Milan. La troupe dut apprécier en la circonstance d'avoir tous les effets à portée de la main dans le havresac.

La capote

Elle est en drap "gris mêlé" (graumeliert), et comporte un collet rabattu assurant la protection du visage jusqu'en dessous des yeux. Elle ferme par 2 rangées de 5 boutons. Manches avec parements rabattus "à la polonaise". La couleur distinctive figure sur les pattes de col et sur les passepoils des pattes d'épaule, des pattes de poche et des martingales. En campagne, la capote peut être portée en bandoulière de l'épaule gauche à la hanche droite, par dessus le havresac.

Pantalon et Beinkleider

L'infanterie allemande est dotée d'un pantalon en drap bleu clair, orné d'un passepoil blanc. La brayette se ferme par 5 boutons d'os noirci. En bas, le pantalon comporte une ouverture de 2,6 cm de haut le long de la couture du passepoil. Le pantalon est assujetti par des martingales et 6 boutons d'os noirci destinés aux bretelles.

Le pantalon est utilisé par les 44 régiments allemands, dont les recrues proviennent des territoires de la Maison d'Autriche. Le 12e régiment, dont la circonscription militaire est située en Hongrie, porte cependant le pantalon jusqu'au 1er février 1860, date à laquelle le pantalon-culotte lui est imposé.

Ce pantalon-culotte (Beinkleider) est le signe distinctif le plus évident des régimems hongrois. Le devant forme un pont-levis. La tresse en laine jaune et noire est présente sur les côtés, en passepoil, et sur les devants, en noeud hongrois. Des sous-pieds assurent l'ajustement du pantalon-culotte, ainsi qu'une fente fermée par des agrafes de fer à la hauteur du mollet.

grenadiersGrenadiers appartenant à des régiments allemands et hongrois, grande tenue de campagne.
Le sabre et la grenade sont leurs attributs distinctifs. On remarque l'un des deux modèles de pelle dont est doté la compagnie à titre des outils portatifs. Depuis 1856, l'outil est porté au moyen d'une bretelle et n'est plus fixé à des contre-sanglons sur le sac.
infanterie allemandeCaporal et sapeurs d'un régiment d'infanterie allemand. Aux deux sapeurs de la compagnie sont confié una hache à main, une grande hache avec étui et bretelle de transport et une scie à main. Ces deux derniers outils sont ici visibles. Le sac en peau des sapeurs remplace la giberne.
Les passepoils, pattes et bourrelets d'épaule en drap de couleur distinctive, sur le Kittel du sapeur au milieu de la planche, sont une erreur du dessinateur.

Giberne, porte-giberne et baudrier

Cirée et noircie par le soldat, la giberne se compose d'un coffret de bois recouvert de cuir brun, et d'une patelette (24,5 cm de long, 22,6 de large) dont le bord inférieur est en forme d'accolade. Deux épinglettes fixées à une chaînette de laiton sont placées sur le devant du coffret dans une pochette de cuir. La patelette de la giberne des grenadiers est ornée d'une grenade en laiton de 9 cm de haut.

Porte-giberne et baudrier en peau de chamois blanchie à la craie. Sachet à capsules, introduit en 1852, et porté depuis 1854 à l'endroit du croisement avec le baudrier. Le baudrier des fusiliers et sous-caporaux de fusiliers ne comporte que le fourreau de baïonnette à l'exclusion du fourreau de sabre. La grenade de laiton est apposée sur le porte-giberne et le baudrier de grenadier.

Havresac

Havresac en peau de veau, courroies en cuir blanchi. A Montebello, les troupes ne portent pas le sac. A Magenta, d'après l'envoyé spécial de l'étal-major prussien von Redern, "les hommes furenl bientôt épuisés par la chaleur intense de la journée, et leur lourde charge y contribua beaucoup.

Le soldat portait la tunique dans le havresac, ce qui faisait un poids de 23,6 kg y compris les armes. La capote en bandoulière gênait les combattants; certains finirent par se débarasser de tout pour respirer plus commodément". L'armée française connaissait au même moment des problèmes identiques. Le 9 juin 1859, après le combat de Melegnano, l'empereur François-Joseph devenu commandant en chef ordonne que les troupes marchent sans havresac. Les objets idispensables sont placés dans la musette, et la deuxième paire de souliers est suspendue à la giberne.

Souliers et guêtres

lls ne sont distribués qu'aux troupes allemandes, les contingents hongrois ne recevant que des brodequins. Les guêtres ferment par 6 boutons, et sont en drap noir avec sous-pieds de cuir. L'iconographie d'époque montre que le bas du pantalon, en campagne, est simplement replié et non mis dans la guêtre.

Autres effets

Musette en coutil avec patelette en pointe, portée sur la hanche gauche. Chemise en toile de lin, "d'une qualité moins ordinaire que le caleçon": l'homme reçoit une chemise et un caleçon neufs tous les 6 mois.

Col en coton noir bordé de mouton blanchi, porté en toutes occasions.

Gilet sans manches (Leibel) en drap blanc doublé de lin, 1 rangée de 8 boutons d'os.

Mouffles en drap de pantalon.

Le bidon en tôle, porté sur la musette au moyen d'une courroie, est un ustensile collectif (contenance: 2,5 l). Chaque homme ne recevra un bidon qu'en 1865. Chaque compagnie est dotée de 2 modèles de pelles, d'une pioche et de hachettes. Pelles et pioche sont portées avec des courroies de charge, la hachettc étant fixée au fourreau de l'arme blanche. Les outils des sapeurs sont une hache à main, une grande hache et une scie à main.

infanterie allemande en capoteFusiliers d'un régiment allemand revêtus du manteau. Le schako est orné des feuilles de chêne ou d'une branche de sapin en grande tenue. Dans les autres tenues, le feuillage n'est arboré que sur ordre spécial.infanterie hongroiseFusiliers d'infanterie hongroise en grande tenue. En 1854 le sachet à capsules est reporté sur la poitrine, et n'est plus placé au-dessus de la giberne.

L'infanterie de frontière

Les régiments de frontière, troupes légères des brigades, sont habillés comme les régiments hongrois, à l'exception de la couleur brun café de la tunique. Boutons blancs ou jaunes. La buffleterie est noire. Le bataillon autonome de Titel porte un uniforme spécial: tunique hongroise bleu clair (nuance foncée), couleur distinctive écarlate, boutons blancs. Pantalon de coupe allemande à passepoil écarlate.

Marques de grade et de fonction

Les grades sont indiqués, depuis 1850 pour la troupc, par des étoiles à 6 pointes en drap blanc sur le collet des effets. Un cordon (sous-caporaux) ou une tresse (sous-officiers) sont placés sur le pourtour supéricur du schako. Dragonne de sous-officier et des tambours et clairons de fusiliers, en peau couleur chamois. Clairons, tambours et musiquc: "nids d'hirondelles" sur les épaules, galon ondulé blanc sur le collet et les parements. La musique, habillée comme le reste de l'infanterie depuis 1851, marche en campagne à la suite des troupes. Sur les cercles du tambour sont peintes des bandes jaunes et noires en diagonale.

grades au collet a) Felmarschall b) Feldzeugmeister (General der Cavallerie)
a) Feldmarschall-Lieutenant b) General-Major
a) Oberst b) Oberstlieutenant
a) Major (Kittel) b) Hauptmann
a) Oberlieutenant b) Unterlieutenant (Kittel)

a) Feldwebel b) Zugsführer
a) Corporal (Kittel) b) Gefreiter
Les insignes de grade au collet, troupe et officiers. Les étoiles des caporaux et sous-officiers sont en drap blanc, le galon de Feldwebel en drap jaune (liséré de blanc dans les régiments dont la couleur distinctive est le jaune). Les étoiles des officiers sont en métal or ou argent suivant la couleur des boutons pour les officiers inférieurs, de métal opposé à la couleur du galon si officiers supérieurs.

Cheveux et moustaches

Depuis 1805 - suppression de la queue -, les cheveux doivent avoir un pouce de long (2,6 cm). L'hygiène de la troupe s'en trouve-t-elle améliorée? La raie, prescrite à gauche en 1840 mais parfois portée au centre, est désignée par le troupier dans son jargon de caserne par les noms de "cul de chat" ou "avenue à poux". Les favoris sont à tailler au niveau du lobe de l'oreille. La barbe est interdite, la moustache autorisée, celle-ci ne devant pas tomber sur la bouche.

L'armement

Le règlement de 1854 sur l'instruction témoignait d'un esprit réformiste: "les instructions sur le combat en ordre ouvert conduites sur la place d'armes n'auront qu'un intérêt limité (...) La troupe devra être conduite sur un terrain coupé, où les tirailleurs pourront utiliser rationnellement les aspérités du sol". Les feux sur trois rangs, quelque peu formalistes, furent cependant conservés: développer l'initiative personnelle des subordonnés pouvait présenter quelques risques politiques, inhérents à une armée groupant plusieurs nationalités. L'officier devait garder la haute main sur les manoeuvres effectuées par sa troupe.

Les nouveaux fusils rayés, du système Lorenz, furent fabriqués à partir de 1854. Il existait deux modèles, dont l'un n'armait que les hommes du troisième rang et les sous-officiers. Les sous-officiers et les grenadiers portent le sabre modèle 1836. En Italie, une partie des troupes n'avait encore que le vieux fusil à silex Augustin, transformé à percussion en 1842, et la distribution du fusil rayé Lorenz ne fut terminée qu'à la fin de juillet 1859.

Les drapeaux

Ils demeurent à l'époque à peu près semblables à ceux décrits par G. Englebert dans le n° 65 d'Uniformes. La croix teutonique disparait. A l'Ordre de Marie Thérèse et à la Toison d'Or sont joints les Ordres de Saint Stéphane, de Léopold et de la Couronne de Fer. L'ordre dans lequel sont représentées les armoiries des possessions impériales est quelque peu modifié.

Le 26 mai 1859, un bataillon du régiment n° 14 "Grand-Duc de Hesse" reçut son drapeau au cours d'une cérémonie solennelle: le général Gyulai, au nom de l'empereur, planta le clou traditionnel fixant le drapeau à sa hampe. La grande-duchesse Mathilde de Hesse, marraine du régiment, avait promis de lui faire parvenir la cravate de son drapeau. Quelques jours plus tard, le régiment devait combattre glorieusement à Magenta, ainsi que le 9e régiment "Hartmann". Le drapeau colonel du 9e, confié au 1er bataillon, fut sauvé par le porte-drapeau Petrow qui, entre Marcallo et Magenta, l'enroula autour de son corps avant d'être fait prisonnier. Interné en France, il réussit à conserver ce drapeau jusqu'à son retour au régiment. A Solférino, le lieutenant Goller, officier de grenadiers du régiment Wasa n° 60, n'eut pas cette chance: ayant tenté de dissimuler le drapeau de la même manière que Petrow, il ne réussit plus à fermer sa tunique en toile de lin (Kittel), laissant le drapeau visible aux yeux des français qui le capturèrent.

Sources