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Imperiale reale Esercito Austriaco


1859: Le shako du fantassin autrichien

Un des éléments les plus marquants qui contribua à donner au soldat d'infanterie autrichien un aspect martial fut sans doute le shako de 1850. Ce modèle semble interrompre une évolution conservatrice qui, peu sensible aux influences de la mode européenne, avait caracterisé les coiffures de l'infanterie autrichienne dans la première moitié du 19ème siècle (pas moins de sept modèles s'étaient succédés au fil de 35 ans).

Aux yeux des irrédentistes actifs dans les provinces assujetties à l'Autriche-Hongrie, il est plutôt le symbole le plus voyant de la présence militaire impériale voir impérialiste pour utiliser un terme d'actualité dans les années du règne de François Joseph.

Par la résolution impériale datée du 22 octobre 1850 à Shönbrunn le nouveau shako issu d'un projet mené par la commission pour l'habillement militaire est prescrit pour l'infanterie de ligne, celle de frontière, l'artillerie, le génie, l'infanterie et l'artillerie de marine ainsi que le train militaire. Les grenadiers recevront ce même shako en 1852.

Par rapport aux modèles précédents les innovations sont tellement nombreuses que peu des vieux modèles est retenu. Contrairement à ses prédecesseurs le nouveau shako en feutre imperméable noir a une forme qui s'amenuisant vers le haut est penchée en avant.

L'aigle bicephale est reintroduit après plus de 50 ans à la place de la ganse avec la cocarde nationale. Cet aigle qui est en laiton et prend la courbe du manchon porte sur l'ecu tiercé en pal les armoiries de l'ainsi dit petit modèle (Maison d'Autriche au centre, lion des Habsbourg et armes de Lorraine aux côtés). Sur le blanc du centre se distingue le chiffre impérial FJI (François-Joseph Ier).

L'aigle se fixe sur le manchon au moyen d'un lacet de cuir introduit dans les deux oeillets qui soudés sous les ailes traversent le feutre.

La carcasse du vieux shako constituée de petites planches en bois de frêne maintenue en position verticale par du fil de fer est supprimé et ce n'est que le feutre renforcé d'un fil de fer dans sa partie supérieure tenit rigide le nouveau shako. Le calot en cuir verni est renfoncé pour 7 mm et déborde pour 13 mm (1/2 pouce) sur le pourtour extérieur). La visière en cuir qui est inclinée de 45° dans sa ligne médiane, est arrondie. La ligne d'agrafage sur le manchon est couverte d'une bande en cuir que masque le bourdalou.

Tous les cuirs sont vernis de noir.

La coiffe se compose d'une peau de veau noirci (Schweißleder) que prolonge la doublure en lin réglable à volonté à l'aide d'une coulisse.

Le bourdalou hau d'une pouce (26,3 mm) se joint sur la nuque au moyen d'une boucle en laiton qui est fixée dans son extremité gauche. Le fond de la boucle est cousu directement sur le feutre.

Les deux segments de la mentonnière en peau de veau verni noir largeur 1 pouce sont cousus sur le feutre interne en correspondance des deux extrémités de la visière à une pouce du bord inférieure; une fente dans les deux cotés du Schweißleder es pratiqué à cet effet. Le segment de droite long de 36,9 cm comporte une boucle à rouleau en laiton, celui de gauche est de 17 cm. La boucle repose sur la joue à la hauteur de la ligne imaginaire qui va du nez à l'oreille.

Au milieu de la partie antérieure du manchon est cousu un gousset porte-pompon en cuir noir qui couvre sur les 9,2 cm de sa hauteur la jonction du feutre du manchon. Dans le gousset trouve place aussi le signe de campagne (Feldzeichen) representé par de feuilles de chêne ou par un rameau de sapin suivant la saison (hauteur 6 pouces et un empan de large).

Mesures du shako fini

Le pompon ou 'rose du shako' (Czako-Rose), dont l'âme est en bois doux, à un diamètre de 6 cm et est de métal de l'aigle. Il présente des cannelures concentriques autour des deux ronds peints en noir; celui antérieur a un diamètre de 2,6 cm, celui postérieur de 3,3 cm. Son épaisseur est de 2,9 cm au centre, s'amenuisant vers la périphérie. Le shako couvert le pompon n'est pas arboré sans toutefois que le règlement revèle où il est rangé en la circonstance. Une disposition datée du 30/9/1856 paru au journal militaire autrichien comble cette petite lacune: déshormais les shakos doivent être pourvus d'un 'dispositif' pour conserver le pompon à l'intérieur. Cette mesure ne s'applique pas aux shakos déjà fabriqués.

Lorsqu'il est inséré dans le gousset, le pompon doit tomber à 1/4 de pouce du bord du shako. Ce dernier doit être coiffé droit sur la tête à une demi pouce des surcils.

Officiers

Le règlement publié en 1855 réserve aux officiers un shako presque identique à celui de la troupe si ce n'est les enjolivures.

La jonction de la visière s'orne d'un cordonnet en chainette dorée mat divisé en long par un fil noir. A une ligne de son bord la visière est perforée par des fils d'or brillant formant un ornement en relief de 13 mm de largeur.

Aigle et boucles sont en laiton doré. Le pompon sphérique d'un diamètre de 61 mm est formé par des torsades brillantes d'une ligne d'épaisseur. Sur son centre en velour noir est brodé en or le chiffre impérial.

Le grade se manifeste sur le pourtour supérieur du shako par des galons dorés (en laine jaune impérial d'Ispahan pour les sous-officiers, cordon jaune mélangé noir épaisseu 5,3 mm pour le vice-caporal) de hauteur différentes:

Le couvre-shako pour officiers et troupe est en toile cirée noire et postérieurement possède un rabat répliable se laçant sous le menton poue se protéger de la pluie. En correspondance du porte-pompon une fente de 2,6 cm de large est destinée à faire passer le signe de campagne lorsque le shako est couvert.

Sous les armes le shako est prescrit dans les trois tenues prévues pour la troupe: de parade de marche et d'exercice devant un supérieur; pour ce deux dernières tenues il est toujours couvert. Le signe de campagne est toujours prescrit dans la tenue de parade.

Toujours admirés pendant les évolutions aux champs ds mars, le fantassin autrichien de cette époque devait être très soigneux de sa tenue. En ville le shako est toujours porté, le bonnet de police (Lagermuetze) étant réservé sous les armes 'dan le petites garnisons' seulement pour préserver le shako.